Programme Seabin de PortsToronto

L'accroissement de la production de plastique, la mauvaise gestion des déchets et le manque d'infrastructures de recyclage adaptées menacent sérieusement la viabilité et la biodiversité de nos lacs et voies d'eau.

Les membres du Comité de la durabilité de PortsToronto se réunissent tous les mois pour tenter de trouver des idées d’actions de plus ou moins grande envergure susceptibles de contribuer à l’écologisation de notre fonctionnement et à la réduction de notre empreinte carbone. Étant donné que le problème de la pollution de nos cours d’eau par les plastiques et microplastiques est à l’avant-plan de nos préoccupations, le comité a fait des recherches sur le dispositif Seabin : une poubelle flottante inventée par des surfeurs australiens alarmés par la quantité de plastique polluant les océans.

En juin 2019, dans le cadre de la première phase d’un programme pilote, la MAP a mis en place trois poubelles des mers Seabin – devenant ainsi la première entité commerciale canadienne à se doter de ce dispositif. Les poubelles Seabin, qui agissent comme des aspirateurs à la surface de l’eau, sont stratégiquement positionnées de façon à ce que le vent et les courants poussent les débris dans leur direction.

En octobre 2019, forte du succès du programme pilote Seabin dans la MAP, PortsToronto a annoncé le lancement de la deuxième phase du projet, qui prévoyait notamment la mise en place de deux nouvelles poubelles des mers Seabin dans l’arrière-port de Toronto. Attachées à un quai flottant situé au coin nord-est de la cale de la rue York, ces nouvelles Seabins sont les premières à être installées dans un havre nord-américain.

                          TPA_3169.JPG

Félicitations à toute l’équipe de @PortsToronto pour le lancement de la phase suivante du programme Seabin. Je m’attends à ce que ce programme connaisse un succès encore plus grand à mesure que vos dispositifs Seabin novateurs continueront de récupérer plastiques et microplastiques dans le lac Ontario, contribuant ainsi à faire de ce dernier un espace plus propre pour les générations futures.

@JeffYurekMPP, Ministre de l'Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs
 

La troisième phase du projet (le déploiement futur de dispositifs Seabin dans le havre de Toronto) a été retardée en raison de la pandémie de COVID-19, mais PortsToronto est ravie des résultats qu’a produits le programme jusqu’à présent, et prévoit collaborer avec des intervenants du secteur riverain au développement du programme Seabin dans le havre de Toronto.
 

Comment fonctionne le dispositif Seabin?

                                       TPA_3107.JPG
 

Le collecteur de déchets Seabin monte et descend au rythme des mouvements naturels de l’eau, et capture tous les débris flottants. L’eau de surface est aspirée et passe dans un sac collecteur placé à l’intérieur de la poubelle, qui est équipée d’une pompe à eau submersible pouvant déplacer 25 000 L/h (litres par heure). Cette pompe est directement branchée sur une prise de courant de 110 ou 220 volts. La pompe rejette ensuite l’eau dans la marina, tandis que les ordures et les débris restent piégés dans le sac collecteur, ce qui permet de les éliminer ensuite correctement. Une poubelle Seabin peut collecter jusqu'à 3,9 kilos de débris par jour, soit jusqu’à 1,4 tonne d'ordures par année.
 

Le saviez-vous?

                                    TPA_3087.JPG

UNE SEULE poubelle des mers Seabin peut :

  • piéger jusqu’à 4 kilos de débris par jour, soit jusqu’à 1,4 tonne d’ordures par année;
  • intercepter des microfibres/microplastiques mesurant seulement deux millimètres;
  • récupérer les hydrocarbures comme le carburant et l’huile au moyen d’un dispositif de filtration.


Seabin-Fast-Facts-french.jpg

 

Avec la Trash Team de l’Université de Toronto, luttons contre la pollution causée par les matières flottantes dans le havre de Toronto

Afin de mesurer notre impact et d’orienter notre politique, PortToronto collabore avec la Trash Team de l’Université de Toronto à la mise en œuvre d’activités de recherche, d’éducation et de sensibilisation. Ces activités sont dirigées par Chelsea Rochman, qui est professeure adjointe d’écologie et de biologie évolutionniste et travaille aux côtés de Susan Debreceni et Rafaela Gutierrez, les cofondatrices de la Trash Team. Dans le cadre de ce projet collaboratif, les chercheurs du laboratoire de la professeure Rochman récupèrent les débris d’origine anthropique – notamment les plastiques et microplastiques – collectés par les poubelles Seabin, et les analysent afin de déterminer leur origine. Ce processus permettra d’éclairer la gestion du programme d’approche communautaire et de recherche de la Trash Team, un programme centré sur les solutions qui vise en définitive à permettre une meilleure connaissance des déchets et à empêcher les plastiques et microplastiques de pénétrer dans les cours d’eau.
 

« Au sein de notre laboratoire de l’Université de Toronto, nous constatons que l’on trouve dans nos rivières locales, dans le havre de Toronto et dans le lac Ontario de grands débris de plastique ainsi que des microplastiques. Ces ordures contaminent les poissons de la région et l’eau que nous buvons. Nous avons mis sur pied la Trash Team de l’Université de Toronto en vue de permettre à notre communauté d’acquérir une meilleure connaissance des déchets, mais aussi afin de faciliter la communication des données scientifiques connexes aux personnes qui prennent des décisions concernant notre secteur riverain. Il nous a semblé naturel de travailler en partenariat avec PortsToronto dès le départ, afin d’explorer les possibilités de collaboration susceptibles d’aboutir à l’introduction, dans notre secteur riverain, de technologies permettant de piéger les plastiques polluants avant qu’ils ne contaminent notre lac. PortsToronto nous soutient dans notre mission depuis le premier jour, et nous nous réjouissons de collaborer avec cette organisation à la mise en œuvre de cette fabuleuse initiative, qui va contribuer à faire avancer la prévention de la pollution plastique, mais aussi la recherche et la sensibilisation communautaire. »

Chelsea Rochman, professeure adjointe d'écologie et de biologie évolutionniste, Université de Toronto
 

 

Résultats de la saison de recherche 2020

Le projet s’est poursuivi au cours de l’été et de l'automne 2020 dans la Marina de l’avant-port. Les chercheurs de la Trash Team ont mis au point des protocoles permettant de quantifier et de classer les macro et micro-déchets collectés par les trois poubelles Seabin de PortsToronto dans la marina, et ont réalisé une analyse connexe. Ces protocoles servent à rendre compte de la quantité totale de débris d’origine anthropique récupérés, et des types de débris recueillis par chaque dispositif Seabin.

D’après la Trash Team, au cours de la saison 2020 (soit entre juillet et octobre), chaque poubelle Seabin a piégé en moyenne 28 284 petits morceaux de débris d’origine anthropique dans le lac Ontario, pour un total de 84 854 morceaux. Les microplastiques (mesurant moins de cinq millimètres) sont de loin les déchets les plus fréquemment collectés par les Seabins, mais ces poubelles ont également régulièrement piégé des macroplastiques tels que des emballages plastiques transparents, des fragments de plastique dur provenant de contenants à emporter ou d’emballages plastiques, et des mégots de cigarettes. 

                                       SeabinTop10-FR.png

Le rôle de vecteur de la végétation

                                                                              IMG_4470.jpg
La chercheuse Cassandra Sherlock, de la Trash Team de l’Université de Toronto, a trouvé une pastille (une forme de plastique de préproduction d’origine industrielle) prise dans la végétation piégée par une poubelle Seabin dans la Marina de l’avant-port.​
 

Au cours de cette saison de recherche, les chercheuses de la Trash Team Cassandra Sherlock et Rafaela F. Gutierrez ont également constaté que la végétation trouvée dans les Seabins peut jouer un rôle important dans la récupération des microplastiques. En effet, les dispositifs Seabin sont efficaces pour la collecte des déchets et débris flottants mesurant seulement deux millimètres, mais les végétaux saturés d’eau pris au piège dans ces poubelles viennent compléter l’action de ces dernières, car ils font office de vecteur ou d’aimant en retenant les minuscules microplastiques tels que les pastilles de plastique de préproduction – qui risqueraient sinon de passer à travers le sac des Seabins. Au cours de cette saison, les poubelles des mers Seabin de PortsToronto ont permis de récupérer 11 438 pastilles de plastique dans le havre de Toronto.
 

Contrôle visuel

         Visual-Audit-2.jpg  Visual-Audit.jpg
En 2020, les chercheurs de notre organisation partenaire – la Trash Team de l’Université de Toronto – ont procédé à des contrôles visuels réguliers le long du secteur riverain de Toronto, afin d’aider à repérer les zones problématiques où les déchets flottants ont tendance à s’accumuler. Cette recherche permettra de mieux préparer la troisième phase du programme Seabin de PortsToronto.
 

Les membres de la Trash Team ont également procédé à un contrôle visuel de plans d’eau du secteur riverain de Toronto, du parc Ireland à Sugar Beach. Ce processus impliquait de se rendre régulièrement aux endroits clés afin de comptabiliser et de quantifier les déchets flottants. Au cours de cette saison, les chercheurs ont trouvé plus de 100 types de déchets différents dans les 12 sites où ils ont effectué ce contrôle visuel. Il convient de signaler que la plupart des déchets flottants trouvés étaient des plastiques à usage unique tels que des pailles, des bouchons de bouteille et des sacs. Ces données viennent confirmer qu’il est urgent de réduire l’utilisation des plastiques nocifs à usage unique. 

                                       VisualAuditTop10-FR.png
 

Résultats

Pour connaître le détail des données et résultats obtenus dans le cadre de la saison de recherche 2020 (disponible en anglais seulement), cliquez ici

Prix

 

Vous vous demandez comment apporter votre contribution? Visitez le site Web (en anglais) de la Trash Team de l’Université de Toronto pour en savoir plus sur son programme de recherche centré sur les solutions et sur ses initiatives visant à favoriser une meilleure connaissance des déchets.